Etonnants Voyageurs 2012 (Saint-Malo)

Publié le par nathalie

Je quitte Caen à 7h15 ce dimanche 27 mai, direction la Bretagne et plus précisément la belle ville de Saint Malo où se déroule le festival international du livre et du film "Etonnants Voyageurs". Arrivée vers 9h30, je rejoins le centre-ville en bus. Le soleil est au rendez-vous, la cité malouine resplendit. Le festival a lieu au pied des remparts, Quai Dugay Trouin, mais aussi intra-muros, dans divers endroits, comme la salle Sainte-Anne ou le théâtre Chateaubriand. Pas de temps à perdre, le programme est riche !

Je pénètre dans le Palais du Grand Large et m'installe dans la grande salle du Café littéraire, où le premier débat commence à 10 heures sur le thème "Grands témoins". Sont présents  le romancier égyptien Alaa El Aswany, Elias Sanbar, ambassadeur de Palestine auprès de l'UNESCO, qui a écrit avec Stéphane Hessel "Le rescapé et l'exilé", un livre de dialogues sur leurs parcours croisés, aux éditions Don Quichotte, et Samar Yazbek, romancière et journaliste syrienne qui a dû quitter son pays en juillet 2011 et vit aujourd'hui à Paris.

Ils parlent des bouleversements qui secouent ou ont secoué leurs pays. Alaa El-Aswany publie "Chroniques de la révolution égyptienne" chez Actes Sud, un recueil dans lequel il martèle son slogan "La démocratie est la solution" en réponse au slogan des Frères musulmans "l'Islam est la solution". Samar Yazbek avait publié en 2011 un témoignage sur les prisons du régime syrien où elle a vu les manifestants qui avaient été arrêtés et torturés. Dans "Feux croisés : journal de la révolution syrienne", son dernier ouvrage paru aux éditions Buchet-Chastel, elle raconte ce qu'elle-même et d'autres témoins ou acteurs de la révolution ont vécu entre mars et juillet 2011.

Je passe ensuite dans la rotonde Surcouf, toujours au Palais du Grand Large, d'où l'on a une vue superbe sur la mer ! A 11h30 débute l'enregistrement de l'émission "Tout un monde" de Marie-Hélène Fraïssé sur France Culture, sur le thème des écrivains d'Océanie. Les invités sont deux écrivains francophones, les tahitiens Chantal T. Spitz et Moetai Brotherson, et deux écrivains anglophones, les néo-zélandais Fiona Kidman et Alan Duff (auteur de "L'âme des guerriers", roman adapté au cinéma par Lee Tamahori). Les auteurs montrent qu'au delà de la langue dont ils ont hérité de la colonisation, le français ou l'anglais, ils ont une culture et une identité communes et qu'ils doivent défendre cette identité polynésienne.

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De gauche à droite : Marie-Hélène Fraïssé, Chantal T. Spitz, Alan Duff et sa traductrice, Fiona Kidman et sa traductrice, Moetai Brotherson

 

Chantal T. Spitz est née à Papeete en 1954. Elle est l'auteur du premier roman tahitien publié, "L'île des rêves écrasés", d'abord édité en 1991 puis réédité en 2003 par son éditeur actuel Au Vent des îles. Elle a publié en 2011 "Elles, Terre d'enfance, roman à deux encres", écrit dans une langue très poétique où se mêlent français et mots tahitiens.

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Un petit tour au Salon, où les auteurs viennent faire des dédicaces. L'occasion de discuter avec eux ou elles...

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 Nancy Huston

 

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 Duong Thu Huong

 

Après avoir déjeûné Chez Chantal (pas Spitz...), une très bonne crêperie située place aux Herbes, petite balade sur les remparts pour profiter du soleil et admirer la vue...

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 Allez, c'est pas le tout, on n'est pas là pour faire bronzette  Retour au festival...

 

Le théâtre Chateaubriand est tout près. On vient d'y remettre le prix Nicolas Bouvier à John Vaillant, un journaliste américain vivant au Canada, pour son livre "Le tigre", un récit d'aventures basé sur l'histoire vraie de chasseurs traquant un tigre tueur d'hommes en Sibérie. Suit un débat très intéressant sur les différences entre le processus d'écriture de la fiction et celui du récit (de voyage ou autre), "De la dimension romanesque du réel". Il y a Jim Fergus, un journaliste américain qui a écrit trois romans (dont "Mille femmes blanches"), John Vaillant, Paolo Rumiz, journaliste et écrivain voyageur italien qui a parcouru 7 000 kilomètres à travers l'Europe de l'Est et a relaté son voyage dans "Aux frontières de l'Europe", paru aux éditions Hoëbeke, David Vann, romancier américain qui a publié deux romans en France aux éditions Gallmeister, "Sukkwan Island", prix Médicis étranger 2010, et "Désolations" en 2011, et enfin Colin Thubron, écrivain voyageur anglais, qui a parcouru le Moyen-Orient, la Russie et l'Asie, le sujet de ses derniers livres, "L'ombre de la route de la soie" (2008), "En Sibérie" (prix Nicolas Bouvier 2010) et "Destination Kailash" (2012) qui raconte son voyage au Tibet et son pélerinage autour de la montagne sacrée Kailash. Des personnages tous plus fascinants les uns que les autres !

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De gauche à droite : Jim Fergus, Paolo Rumiz, David Fauquemberg, Colin Thubron et deux traductrices

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 A gauche, John Vaillant, à droite, David Vann, avec leurs traductrices

 

Après ça, je file à la salle Sainte Anne pour une rencontre poétique animée par Yvon Le Men, poète breton. Entouré de très belles femmes, il en est tout ému... Pour parler de "La force de la fragilité", il a réuni Carmen Yanez, poétesse ("Paysage de lune froide") et militante politique chilienne, épouse de Luis SepulvedaMaram Al Masri, poétesse syrienne exilée en France depuis 1982 ("Les âmes aux pieds nus", recueil issu de rencontres avec des femmes battues, ou le sensuel "Par la fontaine de ma bouche", ces deux recueils sont bilingues, en arabe et en français), Ananda Devi, romancière et poétesse mauricienne, qui a publié en 2011 un récit autobiographique, "Les hommes qui me parlent", et Samar Yazbek, dont j'ai parlé plus haut. Un beau moment, avec des lectures très émouvantes qui ont tiré des larmes aux participantes et au public...

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     Carmen Yanez, Maram Al Masri, Yvon Le Men

 

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    Yvon Le Men, Ananda Devi, Samar Yazbek et sa traductrice

 

Pour finir cette riche journée, un peu de lecture de poésie par des auteurs de Nouvelle-Calédonie, dont Chantal T. Spitz et Anne Bihan ("Ton ventre est l'océan"), qui avait animé la journée professionnelle aux dernières Rencontres francophones à la bibliothèque de Verson. Après un dernier café en terrasse, je prends à regret le chemin du retour, avec le souvenir de ces belles rencontres, plein d'envies de lectures, et la ferme intention de revenir l'année prochaine... Mais au moins deux jours, car une journée, c'est trop court, il y a tellement à voir et à entendre ! Merci pour ce magnifique festival

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