Un été sans les hommes / Siri Hustvedt (Etats-Unis)

Publié le par nathalie

 

Mia Fredricksen, 55 ans, est une poétesse vivant à New York. Après trente ans de mariage, son mari Boris lui annonce qu’il a une liaison avec une jeune collègue. Après un séjour à l’hôpital, Mia décide d’aller passer l’été dans son Minnesota natal, près de sa mère qui vit dans une maison de retraite depuis la mort de son mari. Pour occuper son temps et son esprit, Mia a accepté d’animer un atelier de poésie auquel participent sept adolescentes. Elle côtoie également les amies de sa mère, quatre veuves âgées mais très dynamiques, sa voisine Lola, une jeune mère de famille ayant des problèmes de couple, et sa fille Daisy, actrice de théâtre.

L’épreuve qu’elle traverse et les figures féminines qui l’entourent vont l’amener à se pencher sur son passé et à revisiter les différentes étapes de sa vie de femme : la petite fille, l’adolescente, l’épouse et la mère.

Avec intelligence, tendresse et ironie, Siri Hustvedt (l'épouse de Paul Auster) nous parle des femmes, mais aussi de poésie et de littérature, et mêle à son récit des digressions philosophiques ou des clins d’oeil au lecteur sur sa façon de construire son roman. J'ai passé un très bon moment à lire ce roman cet été (sans homme !)

 

Extrait

« Quelque temps après qu’il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l’hôpital. Il n’avait pas dit : Je ne veux plus jamais te revoir, ni : C’est fini mais, après trente années de mariage, pause suffit à faire de moi une folle furieuse dont les pensées explosaient, ricochaient et s’entrechoquaient comme des grains de popcorn dans un four à micro-ondes. J’étais arrivée à cette lamentable constatation alors que je gisais sur mon lit dans l’aile sud, si alourdie par le Haldol que bouger m’était odieux. […]

La Pause était française, elle avait des cheveux châtains plats mais brillants, des seins éloquents qui étaient authentiques, pas fabriqués, d’étroites lunettes rectangulaires et une belle intelligence. Elle était jeune, bien entendu, de vingt ans plus jeune que moi, et j’ai dans l’idée que Boris avait convoité quelque temps sa collègue avant de donner l’assaut à ses régions éloquentes. […]

Il me fallait partir de l’appartement, car y rester était trop douloureux. […] Je quittai donc Brooklyn pour aller passer l’été chez moi, dans le trou perdu au cœur de ce qui était autrefois la prairie du Minnesota où j’avais vécu mon enfance. […] L’université avait fait preuve de « compréhension » concernant mon effondrement, et je reprendrais mes cours en septembre. Ce serait la béance entre Hiver de folie et Automne de raison, un creux vide d’événements, à remplir de poèmes. Je consacrerais du temps à ma mère et mettrais des fleurs sur la tombe de mon père. Ma sœur et Daisy viendraient me voir, et on m’avait chargée d’enseigner la poésie aux jeunes dans le cadre du Cercle artistique local. »

 

Un été sans les hommes / Siri Hustvedt ; traduit de l'américain par Christine Le Boeuf. - Actes Sud, 2011. - (Lettres anglo-américaines)

Publié dans romans étrangers

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faelys 26/05/2013 09:56


sans être un coup de coeur, ce roman a été un bon moment de lecture pour moi aussi

nathalie 27/05/2013 20:14



Merci pour ton commentaire, faelys, j'ai fait un tour sur ton blog, il est très sympa !