De briques et de sang / Hautière & François

Publié le par nathalie

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1938. A la mort de son père, Ada Volsheim revient sur le lieu de son enfance, le familistère de Guise, et se remémore une sombre affaire qui s’est déroulée dans ce même lieu à la veille de la Première guerre mondiale.

Entre janvier et avril 1914, plusieurs citoyens du familistère sont assassinés. Alors que l’attention de la presse se concentre sur l’actualité internationale, Victor Leblanc, un jeune journaliste de l’Humanité, s’intéresse de près à cette affaire. Un vagabond qui se cachait dans les greniers est arrêté et accusé des meurtres, mais Ada, jeune fille à l’époque, ne croit pas à sa culpabilité. Elle veut découvrir le vrai coupable car elle a peur qu’on s’en prenne à son père, originaire d’Alsace et donc soupçonné d’être pro-allemand, et qui entretenait une relation avec une des victimes. Ada et Victor décident de mener leur propre enquête, et découvrent que toutes les victimes ont fait partie du conseil de gérance en 1911. Or, en 1911, un drame a eu lieu. Antonin, un enfant sourd-muet, a disparu, et on ne l’a jamais retrouvé. Tandis que les menaces de guerre se font de plus en plus concrètes, l’enquête va révéler les ressorts d’une tragique histoire de famille.

Il y a une bonne intrigue qui tient en haleine, et j’aime beaucoup les dessins, entre gris et sépia, qui reflètent le tas de briques, comme les « mauvaises gens » surnomment le familistère, et les fumées de l’usine. Les visages sont un peu caricaturaux, comme des « gueules » taillées à la serpe. Ils me font penser aux dessins de Tardi.

C’est aussi l’occasion de découvrir l’histoire du familistère de Guise. Cet endroit a été fondé par Jean-Baptiste Godin, un ouvrier devenu ingénieur qui a fait fortune dans le domaine des poêles en fonte. Inspiré par le philosophe Charles Fourier, ce grand patron lance en 1859 la construction d’un familistère, qui comprend des logements pour ses ouvriers mais aussi des écoles, des commerces, un théâtre, etc. Les habitants sont propriétaires à titre collectif du familistère ainsi que de l’usine. Près de 1500 personnes vivent là-bas, y compris les cadres de l’usine qui sont tenus d’y habiter. « Une utopie sociale réalisée ».

http://www.familistere.com/site/index.php

 

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De briques & de sang / scénario Régis Hautière ; dessin David François. – Casterman, 2010. – (KSTR)

Publié dans bandes dessinées

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